Les SOFICA : un placement méconnu, mais au rendement aléatoire !

Le mécanisme, qui fête ses cinquante ans, a bien montré son efficacité pour financer l’industrie cinématographique et audiovisuelle française. Le Centre National du Cinéma et de l’Image animée étudie des pistes de réforme afin de lui permettre de financer davantage de séries télévisées et de films.
L’acronyme est trop bien connu dans les couloirs de Bercy et dans l’univers du cinéma… Néanmoins, les SOFICA, ces fameuses sociétés de financement d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques, jouent un rôle primordial dans le financement du 7e art.
Cette niche fiscale, aussi connue sous les noms de “dérogation fiscale” et “dépense fiscale”, fête son 50e anniversaire cette année.
Le CNC étudie les pistes d’une réforme pour que celle-ci puisse continuer à financer les séries audiovisuelles et les films à petit budget, qui souffrent des difficultés et de la désaffection des bailleurs de fonds traditionnels.
“Les sociétés de financement d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques font partie des vingt dépenses fiscales considérées comme les plus efficaces. Celles-ci constituent un outil parfaitement adapté pour le financement de l’industrie cinématographique, notamment les films de la diversité et les premiers films”, estime Niels Court-Payen, président de la société de gestion A Plus Finance.

Fiscalité des SOFICA

Les SOFICA ont collecté, en cinquante ans, 3. 6 milliards d’euros et elles participent au financement du tiers de la production/création française (plus de 180 séries télévisées et films financés en 2017).
Leur apport est essentiel : celui-ci représentait, en 2017, 690 700 euros par film, soit 12 % des devis. Cette moyenne cache certaines disparités, étant donné que l’apport d’une SOFICA peut décider de la mort ou de la vie d’un projet. Les exemples ne manquent pas de films – comme “Minuscule” ou “la guerre déclarée” – qui ont pu se faire seulement grâce au déblocage de cette source de financement. Ce grand succès confirme le bien-fondé du mécanisme et le Centre National du Cinéma et de l’Image animée entend faire passer le message aux pouvoirs publics.
Depuis 2010, l’argent collecté par les fameuses sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel, plafonné à 75 500 euros par an, est généralement orienté vers la production indépendante.
“Les sociétés de coproduction de films et de séries audiovisuelles apportent de l’argent frais, en dépit des risques, et cet argent, contrairement aux autres préfinancements, arrive au début du tournage”, souligne Niels Court-Payen, le président d’A Plus Finance.