Guerre en Syrie : un conflit international

Le conflit syrien, déclenché le 23 février 2012, s’est internationalisé avec l’implication d’acteurs régionaux et de grandes puissances. Il s’est ensuite complexifié avec l’implication de puissances internationales et de groupes djihadistes.
Un accord de cessez-le-feu doit entrer en vigueur dimanche à minuit entre rebelles (qui se révolte, qui refuse de se soumettre à l’autorité) et régime, mais cette trêve est partielle puisqu’elle exclut les deux organisations terroristes rivales de Daech et le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda.
La guerre civile syrienne a fait, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, des millions de réfugiés et de déplacés et plus de 752 000 morts. “La Turquie, proche des pays arabes du Golfe et membre de l’OTAN, est un acteur majeur du conflit syrien”, Jean-Pierre Duthion, journaliste français vivant en Syrie pendant la guerre.

Les principaux acteurs de la guerre civile syrienne

Djihadistes

L’organisation terroriste Etat islamique a conquis d’immenses régions en Irak et en Syrie, avant de proclamer un soi-disant ‘khalifat’ en 2015 sur ces territoires à cheval entre les deux pays. Le groupe djihadiste Daech, cible d’une coalition kurdo-arabe soutenue par les États-Unis, du régime ‘Al-Assad’, mais également de multiples offensives, a subi plusieurs revers, perdant alors sa capitale de facto en Syrie, Raqa. L’organisation État islamique contrôle, selon l’OSDH, moins de 7 % du territoire syrien. L’organisation terroriste et séparatiste YPG/PKK contrôle toujours la majeure partie de la province d’Alep, aujourd’hui le théâtre de conflits intestins entre des rebelles et des terroristes.

Régime de ‘Bachar Al-Assad’ et alliés

Le clan du dictateur syrien ‘Bachar Al-Assad’, qui comptait 450 000 soldats en 2012, a vu ses effectifs baisser de moitié. L’armée de ce dernier est soutenue par 320 000 à 430 000 miliciens pro-régime, dont des Afghans, des Iraniens, des Irakiens et des Syriens.
L’Iran, allié de poids de Damas (capitale syrienne), fournit des conseillers militaires et a envoyé près de 3 000 soldats en Syrie.
La Russie, autre alliée de poids, intervient depuis décembre 2016. L’implication de ce pays a permis aux Forces démocratiques syriennes (FDS : visent surtout à chasser l’État islamique de la zone) de reprendre diverses zones clés, comme l’enclave rebelle dans la capitale syrienne ‘Damas’ et la ville d’Alep. Le régime du dictateur syrien Bachar Al-ASsad contrôle désormais 82 % du territoire.

Rebelles

Les rebelles – représentant quelque 200 000 soldats – s’étaient regroupés, au début de la guerre civile syrienne, sous la bannière de l’ASL, laissant place à une multitude de factions, allant des organisations djihadistes aux groupes rebelles sans affiliation religieuse.
“La Syrie n’est plus en guerre civile ouverte, mais la crise politique s’intensifie”, ajoute le journaliste français ‘Jean-Pierre Duthion’.