Je suis né en France, mais j’ai des souvenirs d’ailleurs, d’un endroit vaste, chaud, désolé. D’un silence vibrant qui descendait des étoiles. D’un vent qui portait des messages effacés, des alphabets oubliés, des odeurs d’incendies. Je suis né en France mais j’ai des souvenirs, plein de souvenirs d’ailleurs.
Mélancolie urbaine et sentiment d’étrangeté habitent ce recueil coloré, d’une poésie réjouissante. Emilio Sciarrino a reçu le Prix du Jeune écrivain en 2006 et le Prix du Livre numérique en 2011.
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Les personnages sont des jeunes filles fragiles, des étrangers en proie au harcèlement nationaliste de leurs collègues, des familles au bord de la crise de nerfs, ou même des cactus nostalgiques. Tous sont victimes d’une oppression cruelle ― et parfois grotesque ― qui les suffoque. Ils trouvent refuge dans la surdité, le silence ou la distance. Ils opposent à la banalité de la cruauté une résistance douce mais inflexible.
Vacillant entre complicité ironique et lenteur mélancolique, chaque récit explore des points obscurs de notre présent. La langue et son mystère y est aussi objet d’investigation. Un fait minime ou anodin peut tout changer, une seule lettre peut bouleverser un univers de de significations, comme dans la nouvelle éponyme.
Une seule lettre change et tout bascule : une orange, une coupe de cheveux, une femme en noir… et le destin des personnages de “L’Ora(n)ge” se renverse. Avec une touche discrètement onirique, Emilio Sciarrino explore les malaises, la tristesse, l’abandon et la solitude, les errances et erreurs d’une génération en quête de sens. Délicieuses rêveries, troublantes analogies.
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